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Winicott, le jeu et l'autre

Winicott


"Selon Winnicott, « la psychanalyse s’est développée comme une forme très spécialisée de jeu, mise au service de la communication avec soi-même et avec les autres » .


Pour l’auteur, si jouer est une expérience créative, « la résistance nait de l’interprétation donnée en dehors de l’aire où analyste et patients jouent ensemble » .


Certains patients sont alors plus enclins que d’autres à faire une analyse en faux-self, interminable puisque les éléments immatures de leurs processus psychiques n’ont pas été transformés.


Le travail de l’analyste est ainsi d’attendre que le patient trouve seul, d’une manière créatrice, c’est-à-dire de faciliter le processus analytique du patient qui est, selon Winnicott, l’équivalent du processus de maturation du nourrisson et de l’enfant.


Le cadre doit par conséquent se faire un lieu privilégié pour que ces traces presque invisibles d’expériences primitives de solitude puissent devenir des affects et des représentations, et qu’une vérité subjective trouve à être entendue au-delà de ses apparences, au delà des mots.

En effet, l’irreprésentable qu’est cet éprouvé de solitude archaïque implique un travail de communication transférentielle utilisant des signifiants préverbaux, en attente de représentations et de mots que l’analyste devra délivrer lorsque le moment sera venu pour ne pas risquer de renvoyer le patient à sa détresse en ne respectant pas son « noyau isolé ».


Winnicott est explicite : « Nous pouvons comprendre la haine que les gens ont eue contre la psychanalyse qui a pénétré si loin dans la personnalité humaine, et qui représente une menace à l’égard du besoin de l’individu d’être secrètement isolé » .

Cette indication est très importante pour mener à bien le travail avec les adolescents notamment, qui, comme le dit l’auteur, peuvent éprouver que « la psychanalyse les violera, non pas sexuellement, mais spirituellement » .


Margaret Little avait très justement relevé la remarque de Freud mentionnant que si le sujet manifeste des angoisses concernant plutôt l’existence, la survie, l’identité (et non pas la situation oedipienne), « la psychanalyse, dans sa forme classique, demeure sans effet » .


Elle-même à la suite d’une expérience psychanalytique - face à une analyste qui s’évertuait à interpréter les propos de M. Little en termes de conflit psychique lié à la sexualité infantile alors que celle-ci tentait de lui faire comprendre que ses problèmes étaient liés aux notions d’existence et d’identité - concluait : « la sexualité ne (peut) qu’être hors de propos et sans signification aucune tant que l’on n’(est) pas assuré de sa propre existence, de sa survie et de son identité ». « Au lieu de l’empathie », dit-elle, « il y avait eu la confusion des langues ».

En d’autres termes, il sera bien temps de s’attaquer aux processus névrotiques lorsque le patient sera enfin capable d’être seul."

(Préface à "La capacité d'être seul" - Petite Bibliothèque Payot)

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