Adolescence et passages à l’acte : quand le corps parle à la place des mots
- Vincent Sage
- 4 janv.
- 1 min de lecture
À l’adolescence, certaines souffrances psychiques ne trouvent pas immédiatement le chemin de la parole.Elles peuvent alors s’exprimer à travers des passages à l’acte, des conduites à risque ou des comportements qui inquiètent l’entourage.
Ces manifestations ne relèvent pas d’un simple manque de limites, mais traduisent souvent une difficulté à élaborer émotionnellement ce qui est vécu.
Le passage à l’acte comme tentative de régulation
Le passage à l’acte peut être compris comme une tentative, parfois maladroite, de :
se débarrasser d’une tension interne trop intense,
éprouver une limite là où le psychisme peine à en construire,
adresser un message lorsque les mots font défaut.
Il constitue moins un refus de penser qu’un empêchement temporaire à symboliser.
Le rôle de l’environnement relationnel
Les passages à l’acte prennent souvent sens dans un contexte relationnel précis : famille, école, groupe de pairs.L’adolescent y cherche une réponse, un écho, parfois une reconnaissance de sa souffrance.
Comprendre ces comportements nécessite donc de les inscrire dans une dynamique intersubjective, et non de les isoler comme des faits purement individuels.
La psychothérapie permet de transformer progressivement l’agir en pensée.Elle offre un cadre où l’adolescent peut :
mettre des mots sur ses éprouvés,
relier émotions et expériences relationnelles,
construire d’autres modalités d’expression que le passage à l’acte.
Conclusion
Le passage à l’acte n’est pas un échec, mais un signal clinique.Lorsqu’il est accueilli et pensé dans un cadre thérapeutique, il peut devenir le point de départ d’un véritable travail psychique.



Commentaires